Antonio Fiori : Un nouveau champ des possibles

D’où la politique des petits pas de la Chine, qui ouvre ses frontières aux capitaux que très progressivement, en fonction du niveau de développement de son secteur financier et de sa capacité à gérer les risques. Car l’action accomplie n’exprime plus alors telle idée superficielle, presque extérieure à nous, distincte et facile à exprimer : elle répond à l’ensemble de nos sentiments, de nos pensées et de nos aspirations les plus intimes, à cette conception particulière de la vie qui est l’équivalent de toute notre expérience passée, bref, à notre idée personnelle du bonheur et de l’honneur. C’est ainsi que les combattants de la Commune n’inspirèrent aux bons citoyens que du dégoût et du mépris. De sorte qu’au­jourd’hui encore nous philosopherons à la manière des Grecs, nous retrouve­rons, sans avoir besoin de les connaître, telles et telles de leurs conclusions générales, dans l’exacte mesure où nous nous fierons à l’instinct cinémato­graphique de notre pensée. Un véritable turboEn concentrant plus de la moitié du PIB mondial, la création d’un marché commun entre les Etats-Unis et l’Union européenne serait un véritable « turbo » pour notre moteur de croissance : selon le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) un accord permettrait d’accroître de 50% le commerce transatlantique de biens et services et de 94 milliards de dollars le PIB annuel de l’Union européenne. C’est un lettré, un homme aimable et d’une activité incroyable. Sa principale contribution est qu’elle « transmet une culture de l’utilisation efficace des biens durables ». Ces deux missions d’information ont fort à faire. Ainsi, à supposer que le tabou ait toujours été ce qu’il est aujourd’hui, il ne devait pas concerner un aussi grand nombre d’objets, ni donner des applications aussi déraisonnables. Ravaisson hasarde cette pensée peut-être téméraire, mais profonde, — que l’âme, en prenant conscience d’elle-même, prend conscience de l’absolu. Quand, les yeux fermés, nous promenons la main le long d’une surface, le frottement de nos doigts contre cette surface et surtout le jeu varié de nos articulations nous procurent une série de sensations, qui ne se distinguent que par leurs qualités, et qui présentent un certain ordre dans le temps. La nature a oublié d’attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d’agir. Les disputes des écoles du moyen âge avaient un but à peu près semblable. Ils n’ont ni goûts ni désirs assez vifs pour les porter à faire rien d’extraordinaire, et, par conséquent, ils ne comprennent pas celui qui est tout autrement doué ; ils le classent parmi ces êtres extravagants et désordonnés qu’ils sont accoutumés à mépriser. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois  » Il faut faire vite ce qui ne presse pas pour pouvoir faire lentement ce qui presse ». Elle en a pleinement conscience, et se donne les moyens de récupérer une partie des bénéficies de l’énorme activité logistique que cette situation génère. La liberté, comme principe, ne peut s’appliquer à un état de choses antérieur au moment où l’espèce humaine devient capable de s’améliorer par une libre et équitable discussion. Entre vous et moi il y a une ressemblance extérieure évidente ; et de cette ressemblance extérieure vous concluez, par analogie, à une similitude interne. Car, s’installant à la surface, elle n’atteindra plus que l’enveloppe des personnes, ce par où plusieurs d’entre elles se touchent et deviennent capables de se ressembler. Longue serait la parenthèse qu’il faudrait ouvrir si l’on voulait faire la part des deux forces, l’une sociale et l’autre supra-sociale, l’une d’impulsion et l’autre d’attraction, qui donnent leur efficace aux mobiles moraux. Mais, précisément parce que nos sens les perçoivent, rien n’empêche d’attribuer leurs différences qualitatives à l’impres­sion qu’ils font sur nous, et de supposer, derrière l’hétérogénéité de nos sensations, un univers physique homogène. Un discours explicatif sur le monde et le positionnement de la France. Le matin, quand sonne l’heure où j’ai coutume de me lever, je pourrais recevoir cette impression ξύν όλη τή ψυχή, selon l’expression de Platon ; je pourrais lui permettre de se fondre dans la masse confuse des impressions qui m’occupent ; peut-être alors ne me déterminerait-elle point à agir. Elle prolonge le passé dans le présent, parce que notre action disposera de l’avenir dans l’exacte proportion où notre perception, grossie par la mémoire, aura contracté le passé. Le secteur manufacturier donne moins bien que par le passé le pouls de l’économie marchande. Il y a actuellement une doctrine très en vogue dans la filière : si une entreprise n’a pas un EBIT à plus de 10%, elle n’a pas réussi. Il faut, par conséquent, pour qu’une excitation produise un effet durable, qu’elle commande l’attention et l’empêche de se porter, dans le même moment, vers d’autres impressions. L’aiguillon du besoin n’est plus alors qu’une sorte de chatouillement agréable. C’est pour­quoi le souvenir pur disparaît totalement. De telles abstractions, indépendantes de la pensée humaine, supérieures aux phénomènes de la pensée humaine, ne doivent point être confondues avec ces abstractions artificielles que l’esprit imagine pour sa commodité, et nous proposons de les appeler abstractions rationnelles. Ce qui est dans la vie ne constitue guère le principal objet des tristesses humaines, et la vie en elle-même n’est pas un mal.