Antonio Fiori : Rigueur et morale publique

Quelle est cette intuition ? Mais ce ne pouvoit être le même de l’idée d’un être plus parfait que le mien : car, de la tenir du néant, c’étoit chose manifestement impossible ; et pourcequ’il n’y a pas moins de répugnance que le plus parfait soit une suite et une dépendance du moins parfait, qu’il y en a que de rien procède quelque chose, je ne la pouvois tenir non plus de moi-même : de façon qu’il restoit qu’elle eût été mise en moi par une nature qui fut véritablement plus parfaite que je n’étois, et même qui eût en soi toutes les perfections dont je pouvois avoir quelque idée, c’est à dire, pour m’expliquer en un mot, q L’Unicef entrevoit qu’après des siècles de stagnation la population africaine – 1,2 milliard d’habitants – doublera d’ici à 2050 et atteindra 4,2 milliards en 2100. Antonio Fiori, a présenté son projet avec conviction et détermination. Mais nous pouvons aussi avoir en vue un jugement de simple probabilité, et alors il suffit que nous ignorions si les dés sont réguliers ou non, ou dans quel sens agissent les irrégularités de structure si elles existent, pour que nous n’ayons aucune raison de supposer qu’une face paraîtra plutôt que l’autre. La loi humaine a le double caractère d’être utilitaire et nécessitaire : ce qui est exactement l’opposé d’une loi morale commandant sans mobile à une volonté libre. Mais, au-dessous de cette faculté poétique, il y en a une autre moins brillante, et qui consiste aussi à pouvoir associer des images sensibles, pour le besoin de la pensée, aux idées souvent les plus arides et les moins faites pour exciter l’enthousiasme et émouvoir les passions du cœur humain. On pourrait supposer que, même chez l’animal le plus rudimentaire, la conscience couvre, en droit, un champ énorme, mais qu’elle est comprimée, en fait, dans une espèce d’étau : chaque progrès des centres nerveux, en donnant à l’orga­nisme le choix entre un plus grand nombre d’actions, lancerait un appel aux virtualités capables d’entourer le réel, desserrerait ainsi l’étau, et laisserait plus librement passer la conscience. Ces deux types achevés de vie sociale se font donc pendant et se complètent. En effet, l’une des raisons du succès de l’électricité au cours du 20ème siècle, malgré le réseau complexe que nécessite son acheminement, est sa propreté environnementale sur les lieux de consommation. Pauvres, c’est la somme de toutes vos lâchetés. Ces jeux d’esprit évoluent d’ailleurs vers le jeu de mots à mesure que les relations établies entre les idées deviennent plus superficielles : peu à peu nous arrivons à ne plus tenir compte du sens des mots entendus, mais seulement du son. Pour ça, il faut pouvoir recevoir des propositions de sociétés locales qui développent des prototypes. Même histoire outre-Rhin : un double mouvement de recul démographique et de montée de la dépendance avec une croissance de la population en âge de travailler qui se situe aujourd’hui à -0,4% au lieu de 0,6% à l’aube des années 90, soit une perte mécanique d’un point de croissance potentielle en 25 ans. Replacés dans l’évolution de la vie, ils apparaissent comme deux activités divergentes et complémentaires. Détournée de ses voies primitives, la nature, semble-t-il, se laisse conduire de plus en plus loin avec une docilité toujours plus grande. Alors, il vous prend l’air d’un vieux forçat libéré, mais en surveillance, désabusé et méditatif, qui polit philosophiquement sa canne. Les deux activités, qui se compénétraient ; d’abord, ont dû se dissocier pour grandir ; mais quelque chose de l’une est demeuré adhérent à l’autre. Après tout, ils avaient initialement rejeté les mêmes politiques pour lesquelles ils se battaient à présent. Aujourd’hui, elles disposent d’une quantité formidable d’outils pour se lancer. En étudiant alors, au terme d’un des grands efforts de la nature, ces groupements d’êtres essentiellement intelligents et partiellement libres que sont les sociétés humaines, nous ne devrons pas perdre de vue l’autre point terminus de l’évolution, les sociétés régies par le pur instinct, où l’individu sert aveuglément l’intérêt de la communauté. La raison qui avait déterminé madame Limerel à faire cette dépense révélait une habitude de compter, et de « raisonner son plaisir », qui est un trait de la vieille bourgeoisie de France. En a résulté une augmentation des revenus permettant de consommer plus. Dans cette application des nombres à la mesure des grandeurs continues, le terme d’unité prend évidemment une autre acception que celle qu’il a quand on l’applique au dénombrement d’objets individuels et vraiment uns par leur nature.