Antonio Fiori : L’enjeu est crucial !

Il fallait démolir des chapelles, dégager les colonnes, gratter les murailles, refaire des fenêtres, placer des vitraux. Si donc l’une de ces deux prétendues formes de l’homogène, temps et espace, dérive de l’autre, on peut affirmer a priori que l’idée d’espace est la donnée fonda­mentale. Cependant, ce niveau élevé ne s’est pas inscrit dans la durée. On n’en peut comparer le tissu, ni à un système doué d’une rigidité absolue, et qui, pour ainsi dire, ne serait capable de se mouvoir que tout d’une pièce, ni à un tout dont chaque partie serait libre de se mouvoir en tous sens avec une indépendance absolue. Le contexte budgétaire commande effectivement une logique d’optimisation des capacités de surveillance à l’échelle interministérielle. Mascagni résolut de concourir, et composa, sur un livret de son ami Taglioni, et d’après une nouvelle de Verga, la partition de Cavalleria rusticana. La liberté ne consisterait alors plus à penser et agir dans les limites de ce qui ne nuit pas à autrui, mais à se sentir en sécurité. Comment s’étonner de ce que les citoyens considèrent, s’agissant de l’Europe, que la seule réponse autorisée, quelles que soient les circonstances, est « oui » ? Les réseaux sociaux ont la qualité d’hébergeur au sens de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), et à ce titre, ils ne peuvent être jugés responsables du fait des activités ou des informations stockées. Le leadership en matière de politique climatique est maintenant assuré par les Etats-Unis et la Chine, les deux autres acteurs majeurs de la négociation. Ces fonds opéreraient selon les principes du marché, et pourraient être contraints de présenter une comptabilité périodique aux autorités politiques (notamment lorsque leur taux de rendement global serait inférieur à un seuil déterminé), étant autonomes à tous les autres égards. Alors que faire ? Les deux pays ont pris conjointement des engagements historiques en novembre dernier en marge du sommet Asie-Pacifique. Les Etats-Unis ont officialisé leur intention de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26% par rapport aux émissions de l’année 2005 d’ici à 2025. Ces engagements peuvent paraître relativement modestes vus d’Europe. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « Mieux vaut essuyer une larme de pauvre que d’obtenir cent sourires de ministre ! ». L’engagement des Etats-Unis n’est pas une surprise. Un sens terrifiant certes, mais quelque chose qui donnait un contour ferme et net à leur existence. L’espace et le temps ne sont que des formes de la sensibilité humaine, des conditions subjectives de l’intuition des phénomènes. Ne plus se sentir intimidés par notre propre volontarisme européen, et accepter de regarder l’Europe telle qu’elle est. Question d’identité que le modernisme continue sans cesse de bouleverser. Nous n’avons pas développé les ordinateurs en subventionnant et en produisant massivement des tubes électroniques. La menace terroriste peut alors constituer un choc qui permette aux Français de se retrouver et s’apprécier à nouveau. C’est si facile à voir, à comprendre !